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Nelly et moi

Nelly a les cheveux long jusqu’aux épaules. De jolis cheveux brillants, fins, et couleur sable. Ses grands yeux bleus qui ont plus d’expressions que n’importe quels autres que j’ai pu croiser avant. On peut y lire comme dans un livre ouvert. Désarrois. Désenchantement. Peines. Lorsque je l’ai connu ce qui m’a frappé c’est de faire exactement la même taille qu’elle. Puis, cela est passé. J’ai vu nos différences. Sa peau plus claire que la mienne. Sa peau laiteuse. Elle semblait faite en pâte d’amande. Son front, sa poitrine, ses pieds léger comme des pattes de chat… Son regard à chacune de ses joies avait quelque chose d’enfantin, tandis que le mien, avant même que j’ai quinze ans, me semblait plutôt celui d’une femme, celui d’une jeune fille qui aurait voulu trop tôt jouer dans le cours des grands. Probablement que la mort prématurée de ma mère ne m’en avait pas laissé le choix, même si mon père, mes sœurs, et mon frère, avaient tout fait pour que le monde reste pour moi tel qu’avant et que ce n’est qu’avec les années que j’ai découvert dans quelles illusions j’avais été bercée.

Nelly était également faite de joies sincères qui emplissaient alors son visage et illuminait tout son corps jusqu’à chacun de ses mouvements. Sa démarche devenait tout autre. Ses sourires se retrouvaient dans ses yeux. Je songeais, simplement, en les regardant, à un océan baignant des îles. Je n’avais tout simplement jamais rencontré une personne comme elle. Une femme qui n’était pas encore tout à fait une femme. Une petite sœur en quelque sorte. Une confidente. Une personne à épauler. A aider de mon expérience, maigre expérience certes,  mais expérience qu’elle n’avait pas. Mais elle en avait tant d’autres… Elle savait se laisser vivre bien mieux que moi. Elle disait Dolce vita, comme on prononce une formule magique, et alors elle inspirait à plein poumon… J’étais conquise. Enfin, elle donnait un sens à sa vie, elle cherchait le beau à chaque coin de rue, s’émerveillait devant un soleil couchant, un matou ronronnant au soleil d’un trottoir. Elle parlait d’instant œuvre d’art. Elle me fit découvrir le bonheur au coin de la rue. Au détour d’un sentier.

Elle faisait des spectacles. C’est ainsi que nous nous sommes rencontrées. Sur une brochure. Elle venait dans des écoles, et sans un seul décors, sans un seul costume, seulement des étoffes dans lesquelles elle s’enroulait, elle jouait entre acrobate, clown, et conteuse. Elle allait d’école en école. Une troubadour moderne cette Nelly. Des coups de téléphone, la voilà qui débarquait. Elle m’avait relancée ainsi. Un ami lui avait donné mon numéro. Elle voulait savoir ce que j’avais pensé de sa brochure. Elle rodait son dernier spectacle. Elle le proposait pour soixante euros, au lieu de trois cent, afin de se faire découvrir. Il me restait un peu d’argent à dépenser pour ma classe, j’ai accepté. Elle savait se rendre agréable à l’autre bout du combinée. On avait envie de lui faire  plaisir. Elle parlait sans convention, sans retenue. Comme si elle s’adressait à des amis. Elle vint jouer deux jours plus tard. Un journaliste de la presse locale l’accompagnait. Elle me fit sourire par cette simplicité à déplacer des arbres sans s’en rendre compte. Nelly venait d’entrer dans ma vie.

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Ecrit par stefie, le Vendredi 13 Janvier 2006, 16:08 dans la rubrique Premiers Pas.

Commentaires :

Sonia
13-01-06 à 18:17

Belle manière de parler d'une amie. Cela donne envie d'en savoir encore plus.

 
stefie
stefie
13-01-06 à 21:57

Re:

Merci Sonia

 
chrysalide06
chrysalide06
13-01-06 à 20:23

J'aime ce genre de textes, dans lesquels on peut lire des pensées à coeur ouvert, des histoires d'amour ou d'amitié merveilleusement racontées. Ca me fait toujours penser aux miennes, et je ne peux m'empêcher de sourire en voyant les similitudes.

C'est la première fois que je passe ici, mais j'ai l'impression que c'est loin d'être la dernière. J'ai été happée par ton texte comme je le suis rarement, et je reviendrais lire les autres, retrouver cette sensation...

Mais pour le moment, je m'en retourne étudier sur la pointe des pieds

Biz'

Chrysalide


 
stefie
stefie
13-01-06 à 21:56

Re:

Merci ça fait toujours plaisir des commentaires comme le tien! Reviens autant que tu veux même! Bonnes études!